Fabian de Montjoye - Antiquaire Paris


 

Bagues antiques, bagues médiévales, bagues renaissance | Bagues anciennes
Camées et intailles romaines

Bague médiévale or et saphir de type étrier. 13e siècle.

Bague en or de type "étrier" à chaton fortement proéminent dans le prolongement du corps de la bague et terminé par un cabochon de saphir (probablement de Ceylan). Le modèle présenté est d'une particulière élégance et dans un parfait état de conservation, avec sa pierre d'origine.
Probablement Angleterre, 13e siècle.

Les bagues en or du Moyen Age sont extrêmement rares. Ce modèle, dénommé "étrier" de par sa forme, apparaît au 12e siècle et se répand rapidement dans toute l'Europe où il reste apprécié jusqu'au début du 14e siècle. Il s'orne le plus souvent d'un saphir, la pierre préférée des évêques, car il fut, le plus souvent, destiné aux prélats. Les plus nombreuses ont été trouvées en Angleterre, mais celle-ci aurait été trouvée en Allemagne, dans la région du Rhin. Elles sont représentées, entre autres, au Victoria and Albert museum (C.C. Oman, « Catalogue of rings in the V.and A. Museum », London, 1930) et au British Museum (O.M. Dalton, « Catalogue of finger rings in the British Museum », London, 1912).

Les bagues datant du Haut Moyen Age ne comportaient que rarement des pierres. Celles ci, trop difficile à se procurer, étaient remplacées par le travail de l’or et des décors d’émail.
Au XIIe siècle on redécouvrit la culture antique et, suivant les écrits de Pline, relayé par Isidore de Séville, on se mit à écrire des « Lapidaires » décrivant les propriétés et vertus des pierres : furent très connus celui de Marbode, évêque de Rennes ( + 1123) et, au XIIIe siècle, celui d’Albert le Grand, réédité jusqu’au XVIe. A la fin du XIIe, le Pape Innocent III écrivait que le Saphir représentait l’espoir ; le Rubis ou le Grenat, l’amour ; l’Emeraude, la Foi ; la Topaze, le devoir.

La perfection formelle des bagues dites « étriers » visait à mettre en exergue, portée par la sobriété de la monture en or, une pierre précieuse, le plus souvent un Saphir (mais aussi Rubis, Grenat, Cristal de Roche, Améthyste et Diamant). Ce type remonte au XIIe et fut utilisé le plus souvent par des ecclésiastiques de haut rang (évêques, abbés…).(cf. S. Lambert, « La Bague », § « La bague étrier et son rapport épiscopal », p.55-57, 2000).
Les plus anciennes sont lourdes et de taille imposante ; on en a découvert dans des tombes de prélats du XIIe en France et en Angleterre. Les plus fines étaient laïques et furent retrouvées sur des sites d’habitation. Une de ces bagues fut dessinée dans l’inventaire du Trésor de l’abbaye de St Albans rédigé par Matthew paris en 1257. Elle avait été donnée à l’abbaye par Richard Animal Qui l’avait reçu de la Reine Aliénor (+ 1204). (cf . British Library, Ms Nero, D.I., fol 146v ; in John Cherry, « La Bague »).
Des exemplaires sont conservés dans les collections publiques anglaises : 3 au Victoria & Albert Museum, dont une trouvée près de la Chapelle royale de Windsor en 1835 ; environ 5 au British Museum, dont une ornée d’un rubis.
Il y en avait 5 dans l’ancienne collection Guilhou, dispersée en 1912, dont une en grenat. Il y en a une dans l’actuelle collection Koch (n° 565).

Comparanda : Diana Scarisbrick, Les bagues (trad. de Rings, symbols of wealth, power and affection), 1993. p. 26. Diana Scarisbrick, Historic Rings, Four Thousand Years of Craftsmanship. 2004. ref. 109. Hanns-Ulrich Haedeke, Schmuck aus drei Jahrtausenden, Köln, 2000. ref. 122. Charles Oman, British Rings 800-1914, 1974. ref. 16B. Anna Beatriz Chadour, Ringe, Rings, The Alice and Louis Koch Collection, 1994. ref. 565

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